Attention aux exportations vers la Russie !
Depuis février, de nombreuses banques ont renforcé l'examen des activités liées à la Russie !
Le président américain Joe Biden a signé fin décembre 2023 un décret imposant des sanctions secondaires aux institutions financières du monde entier qui soutiennent l'opération militaire spéciale russe en Ukraine. Il y a quelques jours, il a également déclaré que les États-Unis prévoyaient d'annoncer ce vendredi un important train de sanctions contre Moscou, sans toutefois préciser les secteurs concernés. Cette initiative marque une escalade significative de la guerre financière menée par les États-Unis contre la Russie. Par la suite, l'Union européenne a annoncé avoir conclu un accord de principe et s'apprête à lancer une treizième série de sanctions contre la Russie.
Face au renforcement des sanctions, de nombreuses banques ont commencé à examiner de près leurs relations commerciales avec la Russie, notamment les transactions transfrontalières.
Les banques en Turquie, aux Émirats arabes unis et dans d'autres pays ont cessé d'accepter les paiements en provenance de Russie.
Il y a deux mois, les banques turques ont massivement cessé d'accepter les paiements en provenance de Russie, paralysant ainsi les importations russes en Turquie. Ce phénomène touche de nombreux secteurs, dont la chimie, les pièces automobiles, le textile et la chaussure. Bien que la Russie ait prévu de résoudre le problème avant le 25 janvier, la situation n'a cessé de se détériorer. En février, des entreprises russes ont vu leurs comptes bancaires turcs fermés, et des particuliers ont rencontré des difficultés durant la seconde moitié du mois. Denizbank, l'une des principales banques turques, procède actuellement à des contrôles approfondis des clients quittant la Russie. La banque exige un permis de séjour et une preuve de présence en Turquie, sous peine de fermeture du compte.
Dans le même temps, les banques des Émirats arabes unis ont également restreint les transactions avec la Russie et ont commencé à fermer des comptes personnels et professionnels. Même des hommes d'affaires russes ayant des bureaux aux Émirats arabes unis ont vu leurs comptes professionnels clôturés. Voici la situation : « Nous achetons des marchandises en Chine. Le code de ce produit est soumis à des sanctions (il figure sur la liste des marchandises interdites d'importation en Russie en provenance de l'UE ou des États-Unis), mais les marchandises elles-mêmes sont chinoises ; il s'agit d'un produit très simple, sans aucune technologie européenne. La banque a clôturé le compte au motif que le produit était soumis à des sanctions. Ils proposent de traiter directement avec la Chine et de ne pas passer par les Émirats arabes unis. »
De nombreuses banques nationales ont renforcé leurs contrôles des envois de fonds.
Depuis février dernier, les banques commerciales chinoises ont renforcé le contrôle des transferts de fonds en provenance de Russie, empêchant ainsi de nombreuses entreprises de commerce extérieur d'encaisser leurs paiements normalement, faute de satisfaire aux exigences des banques destinataires ou intermédiaires. Parmi les établissements concernés figurent de grandes banques d'État, des banques par actions, des PME locales, etc.
Selon un article du quotidien économique russe Vedomosti paru le 7 février, la Zhejiang Chouzhou Commercial Bank, une importante banque chinoise utilisée par les importateurs russes, a cessé ses activités en Russie depuis février.
Le 21 février, des médias chinois ont cité le journal russe « Izvestia », selon lequel les trois plus grandes banques chinoises traitant les paiements russes auraient cessé d'accepter les paiements en provenance d'institutions financières russes. Cependant, la Banque de Chine, l'une des plus importantes banques du pays, a démenti cette information le jour même, affirmant qu'elle acceptait toujours les paiements d'entreprises russes en roubles et en yuans. « À Pékin, nous acceptons toujours les paiements en roubles », a déclaré un employé de la banque.
Or, récemment, certains commerçants étrangers ont signalé qu'ils devaient traiter avec de nombreuses banques pour percevoir leurs paiements. Ils ont ainsi contacté la quasi-totalité des grandes banques, notamment la China Construction Bank, la Bank of China, l'Industrial and Commercial Bank of China, la China Merchants Bank, la Bank of Shanghai, la Bank of Ningbo, la Tailong Bank, la China CITIC Bank, la Bank of Communications, la Guangfa Bank, la Ping An Bank et la Shanghai Pudong Development Bank. Comble de frustration, certains comptes sont ouverts le jour même et le lendemain, les commerçants reçoivent une notification les informant de l'impossibilité de recevoir des paiements.
La situation se complique encore davantage pour les entreprises étrangères souhaitant ouvrir un nouveau compte bancaire en plus de ceux avec lesquels elles travaillent déjà afin de recevoir des virements en provenance de Russie. En effet, les nouvelles banques ne disposent souvent pas d'historique de transactions avec ces entreprises de commerce international, ce qui rend l'ouverture de nouveaux comptes et le recouvrement des paiements plus difficiles.
Rappel important : les acteurs du commerce extérieur doivent redoubler de vigilance dans le choix des banques et des produits afin de garantir le bon déroulement des transactions. Dans ce contexte, les entreprises étrangères travaillant avec des clients russes doivent être particulièrement attentives à la sécurité de leurs encaissements en devises et suivre de près l’évolution de la situation politique et économique internationale afin d’anticiper les risques et les difficultés.
Date de publication : 26 février 2024





